← Journal/stress·5 septembre 2024·8 min de lecture
Stress au travail : ce qui marche vraiment selon l'INRS et la HAS
# Stress au travail : ce qui marche vraiment selon l'INRS et la HAS

24 % des actifs français se déclarent en détresse psychologique liée au travail selon l'enquête Sumer/DARES. Les leviers efficaces combinent action sur l'organisation (responsabilité de l'employeur, article L.4121-1) et stratégies individuelles : gestion du temps, déconnexion, sommeil et — si besoin — accompagnement médical via le médecin du travail.
Le stress au travail n'est pas seulement une affaire personnelle. Le Code du travail impose à l'employeur une obligation de sécurité de résultat vis-à-vis de la santé physique et mentale des salariés. Cet article distingue ce qui relève de l'employeur, ce qui relève de l'organisation collective, et ce qui relève du salarié lui-même.
L'état des lieux français
Les chiffres récents convergent :
- L'INRS estime que le stress au travail coûte chaque année entre 2 et 3 milliards d'euros à la collectivité (arrêts, soins, baisse de productivité).
- L'enquête Sumer 2017 (DARES) — dernière édition consolidée disponible — mesure que 31 % des salariés sont exposés à au moins trois facteurs de risques psychosociaux simultanément.
- Le baromètre Santé publique France 2021 indique que 24 % des actifs présentent des symptômes anxieux ou dépressifs liés à leur activité.
- Les arrêts maladie pour épuisement professionnel ont augmenté de 34 % entre 2019 et 2024 selon l'Assurance maladie.
Les six causes principales identifiées par l'INRS
L'INRS classe les facteurs de stress en six familles :
- Intensité et complexité du travail (surcharge, délais courts, multitâche).
- Horaires atypiques (nuit, week-end, astreintes).
- Exigences émotionnelles (contact avec la souffrance, agressivité du public).
- Faible autonomie (peu de marges de manœuvre, micro-management).
- Rapports sociaux dégradés (conflits, harcèlement, isolement).
- Conflits de valeurs et insécurité socio-économique.
Plus le nombre de facteurs cumulés est élevé, plus le risque de troubles anxio-dépressifs et de pathologies somatiques est important.
Ce que l'employeur doit faire
L'article L.4121-1 du Code du travail impose à l'employeur de prendre « les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». Concrètement :
- Évaluation des risques psychosociaux dans le DUERP (Document unique d'évaluation des risques professionnels), obligatoire pour toute structure dès le premier salarié.
- Mise en place d'actions de prévention (rotation des postes, formation managériale, dispositifs d'écoute).
- Saisine du CSE (Comité social et économique) pour les entreprises de 11 salariés et plus.
- Coopération avec le médecin du travail, qui peut formuler des recommandations d'aménagement.
En cas de manquement avéré, la responsabilité de l'employeur peut être engagée devant le Conseil de prud'hommes ou pour faute inexcusable.
Les leviers individuels qui marchent
1. Stabiliser le sommeil
Le déficit de sommeil multiplie par deux le risque de troubles anxieux selon la HAS. Trois gestes : heure de réveil stable y compris le week-end, écrans coupés 30 minutes avant le coucher, chambre à 17-19 °C.
2. Caler des micro-pauses dans la journée
L'INRS recommande 3 à 5 micro-pauses de 5 minutes réparties dans la journée. Sans écran, sans mail, sans réseaux sociaux. La cohérence cardiaque (6 respirations par minute, 5 minutes) est l'un des outils les plus accessibles.
3. Marcher 30 minutes par jour
L'activité physique est l'un des anxiolytiques naturels les mieux documentés. Inutile de fréquenter une salle : marche rapide pour aller au travail, escaliers, sortie au déjeuner.
4. Respecter la déconnexion
Le droit à la déconnexion est inscrit dans la loi Travail de 2016 (article L.2242-17 du Code du travail). Concrètement : pas de mails professionnels en dehors des heures de travail, paramétrage des notifications, accord d'entreprise sur les plages de joignabilité. Plusieurs entreprises ont mis en place des coupures automatiques des serveurs mail en dehors des horaires.
5. Cultiver le lien social
Un déjeuner par semaine en dehors du bureau, un échange régulier avec un mentor ou un collègue de confiance. L'isolement social est un facteur de risque indépendant pour la santé mentale.
6. Identifier le moment de consulter
Les signaux d'alerte du syndrome d'épuisement professionnel selon la HAS :
- Épuisement émotionnel persistant.
- Sentiment de cynisme ou de distanciation envers le travail.
- Sentiment d'inefficacité professionnelle.
- Troubles du sommeil chroniques.
- Symptômes physiques (douleurs, troubles digestifs, infections répétées).
Premier interlocuteur : le médecin traitant ou le médecin du travail (consultation libre et confidentielle, possible sans en informer l'employeur).
Recours et dispositifs accessibles
- Mon soutien psy : 12 séances de psychologue conventionné remboursées par an depuis 2024.
- Téléconsultation d'urgence via plusieurs services (Doctolib, Qare, MesDocteurs).
- Numéro national d'urgence santé mentale 3114 (24h/24, gratuit, confidentiel) en cas de détresse aiguë.
- France Travail (ex-Pôle emploi) pour les salariés en rupture conventionnelle ou en arrêt prolongé.
- ANACT (Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail) pour les démarches collectives en entreprise.
Et le CBD au travail ?
Le baromètre IFOP 2022 montre qu'une partie des actifs français consomment du CBD pour accompagner le stress du quotidien. Rappel : aucune autorité française n'a validé d'allégation. Le CBD bien-être peut être un élément d'un rituel de détente — jamais un substitut à une démarche médicale en cas de souffrance au travail.
Points de vigilance :
- Aucun cadre dérogatoire dans le règlement intérieur des entreprises. Un employeur peut interdire la consommation pendant les heures de travail.
- Conduite : la Cour de cassation a tranché le 21 juin 2023 — un CBD à spectre complet peut entraîner un test salivaire positif au THC. Pour les métiers exposés (conducteurs, opérateurs de machine), privilégier un isolat sans THC.
- Drug tests professionnels : certaines professions (pilotes, militaires, certains transports) imposent un dépistage. Le CBD à spectre complet peut le rendre positif.
À retenir
- 24 % des actifs français présentent des symptômes anxieux ou dépressifs liés au travail.
- L'employeur a une obligation de sécurité (article L.4121-1 du Code du travail).
- Le DUERP doit intégrer une évaluation des risques psychosociaux.
- Le médecin du travail est un recours confidentiel, libre et gratuit.
- Mon soutien psy : 12 séances de psychologue remboursées par an.
- 3114 : numéro national de prévention du suicide, 24h/24, gratuit.
- Le CBD bien-être peut accompagner un rituel de détente, jamais un traitement.
F.A.Q.
Questions fréquentes
Pour découvrir notre sélection d'huiles et d'infusions au chanvre destinées à accompagner un moment de pause, [consultez notre catalogue stress et anxiété](/categories/stress-anxiete). Le CBD n'est pas un médicament. En cas d'anxiété persistante ou de trouble anxieux lié au travail, consultez un professionnel de santé ou votre médecin du travail.
Sources
Article publié le 5 septembre 2024. Le CBD n’est pas un médicament.
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