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Passiflore, CBD et formulations « repos » : le cadre français

# Passiflore, CBD et formulations « repos » : le cadre français

Passiflore, CBD et formulations « repos » : le cadre français

*La passiflore (Passiflora incarnata L.) accompagne les rituels du soir depuis des siècles. En France, elle est admise comme ingrédient de complément alimentaire. Le CBD qu'on lui associe souvent dans les formulations « repos » est, lui, sorti du marché ingéré depuis le 15 mai 2026.*

La passiflore : une plante d'usage ancien

La passiflore officinale (Passiflora incarnata L.) est utilisée dans plusieurs pharmacopées traditionnelles européennes et nord-américaines. Sa composition principale contient :

  • Des flavonoïdes (vitexine, isovitexine, orientine) ;
  • Des alcaloïdes harmaniques en très faible quantité ;
  • Des maltol et éthylmaltol ;
  • Des acides aminés gamma-aminobutyriques (GABA) précurseurs en faible concentration.

Elle figure dans l'arrêté du 24 juin 2014 listant les plantes autorisées en complément alimentaire en France. La pharmacopée européenne reconnaît plusieurs préparations à base de passiflore : extrait sec, teinture, parties aériennes.

Le statut EMA et l'absence d'allégation [EFSA](https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2903/j.efsa.2026.9862)

L'EMA (Agence européenne des médicaments), à travers son comité HMPC (Committee on Herbal Medicinal Products), a publié une monographie sur *Passiflora incarnata* reconnaissant son usage traditionnel pour soulager les symptômes légers de stress mental et favoriser le sommeil. Ce statut « usage traditionnel » concerne les médicaments à base de plantes enregistrés en pharmacie — pas les compléments alimentaires.

Du côté EFSA et du règlement (CE) n° 1924/2006, aucune allégation de santé n'est inscrite au registre pour la passiflore comme ingrédient de complément alimentaire. Résultat concret : une marque française ne peut pas écrire « pour le sommeil », « pour la détente » ni « anxiolytique naturel » sur l'étiquette ou dans sa communication.

La mélatonine : la seule allégation EFSA sommeil pertinente

Pour un complément formulé sur le moment du soir, la mélatonine est l'unique ingrédient à disposer d'une allégation sommeil validée par l'EFSA, inscrite au règlement (UE) n° 432/2012 :

  • « La mélatonine contribue à réduire le temps d'endormissement », à condition d'apporter au moins 1 mg par dose à prendre avant le coucher ;
  • « La mélatonine contribue à atténuer les effets du décalage horaire », à condition d'apporter au moins 0,5 mg dans les jours précédant et suivant le voyage.

C'est pourquoi la majorité des formulations « repos » conformes en France intègrent de la mélatonine, parfois associée à de la passiflore ou d'autres plantes. Ces dernières ne peuvent porter aucune allégation de santé propre.

Le CBD : double obstacle 2026

Pour une gomme « repos » associant passiflore et CBD, deux verrous s'appliquent :

  • Statut Novel Food du CBD : depuis le 15 mai 2026, la DGAL retire du marché français les gommes CBD ingérées sans validation européenne au titre du règlement (UE) 2015/2283 ;
  • Dose journalière provisoirement sûre EFSA : 0,0275 mg/kg/jour, soit ≈ 2 mg/jour pour un adulte de 70 kg.

Une formulation ingérée « repos » associant du CBD est donc, depuis cette date, en marge du cadre français pour la partie cannabinoïde.

L'hygiène de sommeil reste la base recommandée

L'INSV (Institut National du Sommeil et de la Vigilance) et la Haute Autorité de Santé recommandent en première intention, devant des difficultés de sommeil, des mesures d'hygiène :

  • Horaires de coucher et de lever réguliers ;
  • Limitation des écrans en soirée ;
  • Environnement de chambre frais, sombre, calme ;
  • Activité physique régulière en journée ;
  • Réduction des excitants après 14 h (caféine, théine) ;
  • Évitement des repas trop riches le soir.

En cas d'insomnie chronique, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC-I) est recommandée en première intention par la HAS, avant tout recours médicamenteux ou complément alimentaire.

Ce qui reste légitime à dire

Sur un complément alimentaire à la passiflore conforme, les formulations admises restent :

  • Description botanique et traditionnelle (« plante utilisée traditionnellement dans plusieurs pharmacopées ») ;
  • Composition exacte par dose (« 200 mg d'extrait sec de parties aériennes ») ;
  • Mention des nutriments associés et de leurs allégations EFSA validées (mélatonine pour le sommeil, magnésium pour la fatigue) ;
  • Précautions d'emploi : grossesse, allaitement, mineurs, traitements concomitants, mention « ne pas conduire après usage » si mélatonine.

Écrire « pour l'insomnie », « hypnotique naturel » ou « anxiolytique » entraînerait une requalification en allégation thérapeutique non autorisée.

À retenir

  • La passiflore est admise comme ingrédient de complément alimentaire en France au titre de l'arrêté plantes.
  • L'EMA reconnaît son usage traditionnel mais l'EFSA ne valide aucune allégation de santé en complément alimentaire.
  • La mélatonine est le seul ingrédient à disposer d'une allégation EFSA sommeil validée.
  • Depuis le 15 mai 2026, les gommes CBD ingérées sans validation Novel Food sortent du marché français.
  • L'hygiène de sommeil et la TCC-I restent les premières recommandations HAS.

F.A.Q.

Questions fréquentes

Sources


Article publié le 20 mai 2026. Le CBD n’est pas un médicament.

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