← Journal/cosmetique-cbd·18 avril 2024·6 min de lecture
Cosmétiques au CBD et peau sensible : ce que permet la France
# Cosmétiques au CBD et peau sensible : ce que permet la France

Les cosmétiques au CBD sont légalement commercialisés en France, le cannabidiol étant inscrit à la base CosIng européenne. En revanche, aucune allégation thérapeutique sur l'eczéma ou toute autre dermatose n'est autorisée : ces produits ne sont pas des médicaments.
L'eczéma : une réalité médicale qui appelle un cadre médical
L'eczéma — terme générique couvrant la dermatite atopique, la dermatite de contact, l'eczéma dyshidrosique et plusieurs autres formes — relève de la prise en charge dermatologique. La Haute Autorité de Santé recommande une approche graduée : émollients réguliers, dermocorticoïdes en poussée, immunomodulateurs topiques en seconde ligne, biothérapies dans les formes sévères.
Aucun cosmétique ne se substitue à ce parcours. La distinction est juridique avant d'être médicale : un produit revendiquant de « soigner » ou « traiter » l'eczéma serait requalifié en médicament par présentation au sens de l'article L.5111-1 du Code de la santé publique.
Le cadre cosmétique : le plus favorable au CBD en France
Parmi toutes les catégories CBD, les cosmétiques bénéficient du régime juridique le plus stable. Le cannabidiol est inscrit depuis février 2021 dans la base CosIng (Cosmetic Ingredients Database) de la Commission européenne. La Commission européenne a en outre autorisé en 2024 l'usage des feuilles de chanvre dans les cosmétiques.
Cette inscription rend leur commercialisation possible au titre du règlement (CE) n° 1223/2009, à condition que :
- Le produit soit déclaré sur le portail européen CPNP avant mise sur le marché ;
- Un dossier d'information produit (DIP) soit tenu à disposition de l'ANSM ;
- Une personne responsable soit identifiée dans l'Union européenne ;
- Le produit ne contienne pas de THC au-delà du seuil de contamination acceptable.
Le règlement Novel Food ne s'applique pas aux cosmétiques, ce qui les distingue des compléments alimentaires CBD désormais restreints depuis le 15 mai 2026.
Les allégations cosmétiques autorisées
Le règlement (UE) n° 655/2013 encadre les allégations cosmétiques selon six critères : conformité légale, véracité, éléments justificatifs, sincérité, équité, choix éclairé du consommateur. Pour un produit topique au CBD destiné à une peau sensible, les formulations admises restent factuelles ou esthétiques :
- « Hydratation et confort de la peau » ;
- « Apaise les sensations d'inconfort cutané » ;
- « Pour peaux sensibles » ;
- « Soin de la barrière cutanée » ;
- « Massage relaxant des zones tendues ».
Les formulations interdites parce que thérapeutiques :
- « Traite l'eczéma » ;
- « Anti-inflammatoire » ;
- « Soulage le psoriasis » ;
- « Cicatrise » ;
- « Réduit les démangeaisons liées à une dermatose » ;
- « Alternative aux dermocorticoïdes ».
La frontière est précise : le cosmétique peut améliorer l'aspect et le confort cutanés ; il ne peut pas agir sur une pathologie.
Composition typique d'un baume au CBD pour peau sensible
Une formulation classique pour peau réactive associe :
- Extrait de chanvre standardisé en CBD ;
- Beurres végétaux (karité, cacao) pour la phase grasse ;
- Huiles riches en oméga-3 (huile de chanvre, huile de cameline) ;
- Cires d'abeille ou cires végétales (candelilla, carnauba) pour la consistance ;
- Agents apaisants traditionnels (calendula, bisabolol, allantoïne, panthénol) ;
- Conservateurs conformes à l'annexe V du règlement cosmétique.
Plusieurs de ces ingrédients — panthénol, allantoïne, bisabolol — disposent d'une documentation dermatologique solide et sont également présents dans les soins de pharmacie. Le CBD vient s'ajouter à cette base sans en modifier la nature cosmétique.
La cosmétovigilance : votre filet de sécurité
L'ANSM gère le dispositif national de cosmétovigilance qui recueille les déclarations d'effets indésirables liés aux produits cosmétiques. Toute réaction inattendue (rougeur, prurit, érythème, urticaire de contact) doit être signalée :
- Au fabricant (via les coordonnées indiquées sur l'emballage) ;
- À l'ANSM (portail de signalement) ;
- À un professionnel de santé en cas de symptôme persistant.
Le signalement permet l'évaluation collective des risques et, le cas échéant, le retrait ou la reformulation du produit. Les contrôles 2024 de la DGCCRF ont relevé un taux d'infraction d'environ 15 % sur les produits CBD français.
Le test cutané : un réflexe simple
Avant d'appliquer un nouveau cosmétique sur une zone étendue ou une peau sensibilisée, un test sur le pli du coude pendant 48 heures permet de repérer une intolérance individuelle. Cette précaution est particulièrement pertinente pour les peaux atopiques, plus susceptibles de réagir aux ingrédients végétaux concentrés.
À retenir
- Le CBD est inscrit à la base CosIng européenne depuis 2021 : les cosmétiques au CBD sont légaux en France.
- Aucune allégation thérapeutique sur l'eczéma ou toute dermatose n'est autorisée pour un cosmétique.
- Un cosmétique au CBD ne remplace pas la prise en charge dermatologique recommandée par la HAS.
- Le règlement Novel Food ne s'applique pas aux cosmétiques (à la différence des ingérés depuis le 15 mai 2026).
- Tester un nouveau produit au pli du coude pendant 48 heures avant une application étendue.
F.A.Q.
Questions fréquentes
Sources
Article publié le 18 avril 2024. Le CBD n’est pas un médicament.
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