← Journal/cbd·20 juin 2024·6 min de lecture

Comment est fabriquée une huile de CBD ? Le procédé expliqué

# Comment est fabriquée une huile de CBD ? Le procédé expliqué

Comment est fabriquée une huile de CBD ? Le procédé expliqué

Une huile de CBD résulte de l'extraction du cannabidiol contenu dans la plante de chanvre (variétés autorisées), suivie d'une purification et d'une dilution dans une huile végétale support (MCT, chanvre, olive). Les procédés industriels les plus reconnus sont l'extraction au CO₂ supercritique et l'extraction à l'éthanol. La fabrication maison est déconseillée pour des raisons de sécurité et de conformité.

Cet article décrit les étapes de fabrication, compare les méthodes d'extraction et donne les repères qualité que le consommateur français peut vérifier sur l'étiquette.

Étape 1 : sourcing du chanvre

La matière première est issue de variétés de chanvre inscrites au catalogue commun européen ou au catalogue officiel français, à teneur en THC ≤ 0,30 % dans le produit fini. Selon l'arrêt du Conseil d'État du 29 décembre 2022, seuls les chanvres conformes à ces variétés peuvent légalement entrer dans la chaîne de production.

La France compte environ 1 200 exploitations agricoles cultivant du chanvre pour le CBD selon les estimations sectorielles UPCBD, contre une trentaine en 2019. La traçabilité (variété, lot, parcelle, certificat) est un point clé. Une partie des fleurs commercialisées proviennent aussi d'Italie, de Suisse ou de République tchèque.

Étape 2 : séchage et préparation

Après récolte, les fleurs et feuilles sont séchées dans des locaux ventilés à température contrôlée (15-25 °C) pour préserver les cannabinoïdes et terpènes. Un séchage trop rapide ou à chaud dégrade les molécules. Le matériel sec est ensuite broyé pour faciliter l'extraction.

Étape 3 : extraction du CBD

Trois grandes familles d'extraction coexistent industriellement.

Extraction au CO₂ supercritique

Méthode actuellement la plus répandue dans l'industrie premium. Le CO₂ porté à un état entre liquide et gaz (haute pression, ≈ 31 °C) traverse la matière et capte les cannabinoïdes. Le CO₂ s'évapore ensuite sans résidu chimique. Avantages : pas de solvant résiduel, profil cannabinoïde préservé. Inconvénient : équipement coûteux.

Extraction à l'éthanol

L'éthanol alimentaire dissout les cannabinoïdes. Le solvant est ensuite évaporé sous vide. Méthode efficace, largement utilisée. Le suivi de l'évaporation est critique : un résidu d'éthanol non contrôlé constituerait une non-conformité.

Extraction aux solvants hydrocarbures (butane, propane)

Méthode autrefois courante pour produire des concentrés, aujourd'hui marginale en CBD bien-être. Risque de résidus chimiques, contrôle qualité exigeant.

Étape 4 : winterisation et filtration

L'extrait brut est dissous dans de l'éthanol froid (-40 à -80 °C) pour précipiter les cires et lipides indésirables. Après filtration, on obtient un extrait plus pur. Cette étape conditionne la clarté et la stabilité du produit fini.

Étape 5 : décarboxylation

La plante produit du CBD principalement sous forme acide (CBDA). Une chauffe contrôlée (≈ 100-140 °C pendant 30-90 minutes) convertit le CBDA en CBD. Sans cette étape, le profil cannabinoïde affiché serait trompeur.

Étape 6 : dilution dans une huile support

L'extrait concentré est mélangé à une huile végétale support, choisie pour sa stabilité et sa biodisponibilité :

  • Huile MCT (triglycérides à chaîne moyenne, dérivée de coco) : la plus courante.
  • Huile de graines de chanvre : profil oméga équilibré, cohérence botanique.
  • Huile d'olive : moins fréquente, plus marquée en goût.

Le pourcentage final affiché (5 %, 10 %, 20 %, 30 %) correspond à la concentration en CBD de l'huile finie.

Étape 7 : analyse en laboratoire indépendant

Chaque lot devrait faire l'objet d'un certificat d'analyse (CoA) délivré par un laboratoire indépendant :

  • Profil cannabinoïde : confirmer la teneur en CBD et vérifier le THC < 0,30 %.
  • Métaux lourds : plomb, cadmium, mercure, arsenic.
  • Pesticides résiduels.
  • Solvants résiduels (en cas d'extraction à l'éthanol).
  • Cannabinoïdes interdits : absence de HHC, H4CBD, THCP, HHCO classés stupéfiants par l'ANSM en 2023-2024.

La DGCCRF a relevé environ 15 % de non-conformités lors de ses contrôles 2024 (étiquetage, allégations, présence de cannabinoïdes interdits).

Étape 8 : conditionnement et étiquetage

Le flacon ambré (verre teinté) protège des UV. L'étiquette doit mentionner la teneur en CBD, le volume, la composition de l'huile support, le numéro de lot, la date limite d'utilisation et un usage cosmétique ou bien-être (en l'absence d'autorisation Novel Food pour les compléments alimentaires).

Faire son huile de CBD à la maison : pourquoi ce n'est pas recommandé

Plusieurs raisons :

  • Sécurité : pas d'analyse en laboratoire, risque de surdosage ou de contamination.
  • Conformité : impossibilité de garantir le THC < 0,30 %, exposition juridique potentielle.
  • Stabilité : les huiles non purifiées s'oxydent rapidement.
  • Intoxications : l'ANSES a signalé en 2024 une vingtaine d'alertes liées à des produits CBD non conformes, dont des préparations artisanales.

Cadre Novel Food et huiles ingérées

Depuis le 15 mai 2026, la DGAL applique strictement le règlement Novel Food. Les huiles de CBD présentées comme compléments alimentaires sans dossier validé sont retirées du marché. Les huiles requalifiées en cosmétiques à usage topique restent commercialisables.

À retenir

  • Extraction CO₂ supercritique = standard premium
  • Winterisation + décarboxylation = étapes qualité indispensables
  • CoA en laboratoire indépendant = repère consommateur essentiel
  • Vérifier l'absence de HHC, H4CBD, THCP, HHCO (interdits depuis 2024)
  • Fabrication maison déconseillée pour sécurité et conformité
  • Cadre Novel Food applicable depuis le 15 mai 2026

F.A.Q.

Questions fréquentes

Sources


Article publié le 20 juin 2024. Le CBD n’est pas un médicament.

En lien avec cet article

Les produits Calidream qui s’accordent