← Journal/cbd·15 mars 2021·8 min de lecture

CBD en cosmétique : ce que la peau en fait et ce que la loi autorise

# CBD en cosmétique : ce que la peau en fait et ce que la loi autorise

CBD en cosmétique : ce que la peau en fait et ce que la loi autorise

Le CBD est inscrit à la base européenne CosIng (Cosmetic Ingredients Database) depuis février 2021. Il est autorisé dans les cosmétiques (crèmes, baumes, huiles topiques) sans restriction de dosage, tant que la teneur en THC reste sous le seuil de contamination acceptable et que les allégations restent cosmétiques (hydratation, confort) et non thérapeutiques.

Le CBD a fait son entrée dans le soin de la peau via des crèmes, baumes et huiles à usage externe. Le segment cosmétique bénéficie du cadre réglementaire le plus favorable du marché CBD français. Voici ce que cela signifie en pratique, et ce que la loi autorise à dire.

CBD et CosIng : le cadre européen le plus favorable

La base CosIng (Cosmetic Ingredients Database) est l'inventaire officiel des ingrédients cosmétiques de la Commission européenne. L'inscription d'un ingrédient à CosIng confirme son statut d'ingrédient cosmétique autorisé sur le marché européen.

Le CBD a été inscrit à CosIng en février 2021, sous deux désignations :

  • « Cannabidiol » (CBD synthétique ou isolé de variétés non psychoactives) ;
  • « Cannabis sativa leaf extract » et formes apparentées (extraits de feuilles).

En 2024, la Commission européenne a élargi cette autorisation aux feuilles de chanvre pour usage cosmétique. Les graines de chanvre (Cannabis sativa seed oil) sont autorisées depuis longtemps en cosmétique alimentaire et topique.

Conséquence : la commercialisation d'un cosmétique au CBD en France est encadrée par le **règlement européen 1223/2009** sur les produits cosmétiques, et non par le régime des compléments alimentaires (Novel Food) qui pose des contraintes plus lourdes. Le cadre du chanvre comme matière première reste encadré, lui, par l'arrêt du Conseil d'État du 29 décembre 2022 et la doctrine de la MILDECA.

Le CBD passe-t-il la barrière cutanée ?

La peau est une barrière efficace contre la pénétration de la plupart des molécules. Pour qu'un actif cosmétique agisse, il doit franchir le stratum corneum (couche cornée superficielle) puis atteindre l'épiderme vivant ou le derme.

Le CBD est une molécule lipophile (soluble dans les graisses), avec un poids moléculaire compatible avec une pénétration cutanée partielle. Les études disponibles suggèrent une absorption localisée dans les couches superficielles, principalement, sans passage systémique significatif aux doses cosmétiques courantes.

Cela explique pourquoi une application topique de CBD ne déclenche pas de dépistage salivaire positif au THC (sauf cas extrêmes de produits non conformes contenant des traces excessives).

Le système endocannabinoïde cutané

La peau dispose de son propre système endocannabinoïde, avec des récepteurs CB1 et CB2 présents sur les kératinocytes, mélanocytes, fibroblastes et cellules immunitaires cutanées. Ce système intervient dans la régulation de plusieurs processus cutanés :

  • prolifération et différenciation des kératinocytes ;
  • production de sébum par les glandes sébacées ;
  • réponse inflammatoire locale ;
  • sensation tactile et thermique.

Cette présence d'un système cannabinoïde cutané a alimenté l'intérêt pour le CBD topique. Important : la présence d'un système cible ne suffit pas à démontrer un bénéfice clinique. Aucune autorité européenne n'a validé d'allégation de santé liée à l'action du CBD sur la peau.

Ce que les marques peuvent dire (et ne peuvent pas dire)

Les allégations cosmétiques sont encadrées par le règlement européen 1223/2009. Une cosmétique au CBD peut être présentée comme :

Allégations autorisées : « hydratant », « apaisant pour les peaux sensibles », « cosmétique de confort », « rituel de soin », « crème de massage », « huile pour le corps », « baume hydratant ».

Allégations interdites : « anti-inflammatoire », « cicatrisant », « traite l'eczéma », « soulage le psoriasis », « antalgique », « réduit la douleur », « guérit l'acné ». Ces formulations relèvent d'une allégation thérapeutique qui requalifierait le produit en médicament et exposerait à des sanctions DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).

La MILDECA et la DGCCRF mènent des contrôles réguliers ; en 2024-2025, plus de 1 200 contrôles ont relevé un taux d'infraction d'environ 15 %, portant principalement sur les allégations non conformes.

Cadre légal et qualité

Pour un cosmétique au CBD vendu en France :

  • la teneur en THC doit rester sous le seuil de contamination acceptable (généralement < 20 µg/g, à confirmer au cas par cas, le seuil n'étant pas harmonisé officiellement) ;
  • la liste INCI complète doit figurer sur l'étiquette, avec le CBD désigné comme « Cannabidiol » ou un extrait de chanvre conforme ;
  • les allergènes potentiels (limonène, linalol, géraniol au-delà de certaines concentrations) doivent être listés conformément au règlement 1223/2009 ;
  • l'absence de cannabinoïdes interdits (HHC, H4CBD, THCP et dérivés, classés stupéfiants par l'ANSM en juin 2024) doit pouvoir être documentée.

Formulations courantes du CBD topique

Le CBD est généralement formulé en cosmétique avec des actifs complémentaires :

  • bases lipidiques : huile de coco, huile de chanvre, huile d'olive, beurre de karité, beurre de cacao ;
  • agents hydratants : aloe vera, glycérine végétale, acide hyaluronique ;
  • conservateurs cosmétiques approuvés (sorbate de potassium, acide benzoïque, alcools cosmétiques) ;
  • parfums ou huiles essentielles (à doser avec précaution pour les peaux sensibles).

Les produits varient en concentration de CBD (de 0,5 % à 5 % typiquement) selon la finalité : crème quotidienne légère ou baume concentré pour zone localisée.

À retenir

  • Le CBD est inscrit à la base CosIng européenne depuis février 2021.
  • Cadre réglementaire le plus favorable du marché CBD : règlement cosmétique 1223/2009.
  • Allégations autorisées : hydratation, confort, soin. Interdites : allégations thérapeutiques.
  • Pénétration cutanée superficielle, sans passage systémique aux doses cosmétiques.
  • Bannir tout produit mentionnant HHC, H4CBD, THCP (interdits depuis juin 2024).
  • Le CBD n'est pas un médicament. En cas de problème dermatologique persistant, consultez un dermatologue.

F.A.Q.

Questions fréquentes

Pour explorer notre sélection de cosmétiques au CBD conformes au règlement 1223/2009, [consultez notre catalogue spectres-chimie](/categories/spectres-chimie). Le CBD n'est pas un médicament. En cas de problème dermatologique persistant, consultez un dermatologue.

Sources


Article publié le 15 mars 2021. Le CBD n’est pas un médicament.

En lien avec cet article

Les produits Calidream qui s’accordent